Un autoportrait de Gustave Courbet au musée d'Orsay
- 18 nov. 2025
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Dernière mise à jour : 20 nov. 2025

En vertu d'un accord de prêt exceptionnel entre le musée d'Orsay et Qatar Museums, propriétaire de l'œuvre, l'Autoportrait de Gustave Courbet dit Le Désespéré (vers 1844-1845) est désormais présenté au musée d'Orsay.
Entre 1842 et 1855, Gustave Courbet (1819-1877) exécute une vingtaine d'autoportraits peints ou dessinés. L'artiste s'adonne à des mises en scène variées, souvent héritées de la tradition romantique, trahissant à la fois une affirmation de soi et une recherche d'identité. Cet autoportrait est assurément le plus singulier et le plus mystérieux. Courbet s'y représente en tenue d'artiste bohème (blouse blanche et foulard), yeux écarquillés, bouche entrouverte, les mains agrippées à sa chevelure. Le cadrage serré et l'éclairage violent contribuent à la tension dramatique de l'œuvre augmentée par le fait que l'émotion du modèle est provoquée par quelque chose qui se situe en dehors du cadre de la scène.
Courbet semble avoir éprouvé un attachement particulier pour cette œuvre de jeunesse qu'il a conservée avec lui jusqu'à sa mort. Ce n'est qu'après les événements de la Commune que le tableau sort de l'intimité de son atelier, contrairement à un certain nombre d'autres autoportraits qu'il avait exposés dès ses débuts.
Le tableau original est exposé pour la première fois en 1873, en marge de l'exposition universelle de Vienne, sous le titre Autoportrait de l'artiste. Courbet vient alors de s'exiler en Suisse pour échapper à une peine de prison liée à son implication dans les événements de la Commune. C'est probablement le moment où l'artiste appose sa signature rouge vif et l'antidate 1841. Quelques semaines avant sa mort, le tableau est exposé une seconde fois à Genève en 1877, sous le nouveau titre « Désespoir ».
Cette image particulièrement dramatique fait le lien entre des épisodes de grande souffrance que Courbet a connus à divers moments de sa vie, illustrant de façon saisissante les difficultés de la condition d'artiste. La virtuosité de l'exécution, la puissance expressive et le sujet mystérieux du tableau, à mi-chemin entre l'autoportrait intime, la tête d'expression et la figure allégorique universelle, ont contribué à lui forger un statut d'icône.
